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Séminaire « Un terrain en études littéraires? Postures et méthodes du chercheur et du créateur »

Description

Si les sciences humaines et sociales ont balisé, depuis le tournant du 20e siècle, notamment avec l’École de Chicago (Grafmeyer & Joseph, 2009), la notion de terrain, les études littéraires, en contrepartie, ne se sont que peu intéressées à ce type de travail qui nécessite un engagement du chercheur dans un espace réel (Bastien, 2007; Caratini, 1997; Hert, 2012; Raoul, 2002; Sardan, 2000), sur un terrain précisément. Un siècle après les avancées de l’École de sociologie de Chicago, on se demandera comment le chercheur en littérature peut, à son tour, investir le terrain, comment il l’occupe, mais surtout en quoi consiste ce terrain qui serait spécifique aux littéraires ? Cette première question se doit déjà d’être nuancée et précisée. En réalité, une littérature de terrain existe (notamment depuis les années 1980), on parlera alors de journalisme littéraire ou encore d’écriture-reportage, de littérature ethnographique, etc. Dans la dernière décennie, une critique a commencé à s’intéresser à ces formes littéraires, ces formes qui concernent notre contemporanéité (Viart & Martucelli, 2015) et cette critique tente de soulever les problématiques propres à ces « nouveaux » genres littéraires qui s’inscrivent dans la perspective d’un travail de terrain. En 2016, un séminaire offert à l’Université Paris IV présentait une conférence de Dominique Viart (Ibid.) traitant de ces enjeux des littératures ethnographiques ou géographiques, ces littératures dont la forme créatrice intègre un véritable travail de terrain au sens où les sciences humaines et sociologiques abordent ces questions. Ces « littératures-terrain » ne se définissent plus dans leur manière de représenter le monde, mais bien de l’expérimenter. On assiste dès lors à un changement de paradigme, notamment dans le domaine des écritures subjectives. Le terrain, puis l’écriture deviennent ainsi des lieux d’expérimentation du réel.

À cet égard, et cela n’est pas étonnant, la littérature demeure en avance sur la critique et la théorie. Et, si la recherche autour de ces « littératures-terrain » est en émergence, ce qui reste d’autant plus inusité dans l’étude des rapports entre terrain et études littéraires est bien la posture du chercheur ou de l’universitaire vis-à-vis de cette même notion de terrain, et non seulement de la notion, mais du terrain réel. Quel est donc le terrain de recherche du littéraire ? Un terrain narratif, un espace ? Qu’est-ce qui pousse le chercheur, mais également le créateur à sortir de la bibliothèque et à investir de nouveaux lieux, de nouveaux (voire à réinvestir d’anciens) espaces de savoirs et de création de récits ? Quelles méthodologies adopter ? On se demandera alors comment le chercheur agit sur le terrain, de quelle manière il le modifie par sa présence, par sa participation (Bastien, 2007) ? Comment le terrain permet-il de modifier la recherche ?

Cette première réflexion a été le point de départ à l’organisation du séminaire-événement « Un terrain en études littéraires ? Postures et méthodes du chercheur et du créateur ». Dans le cadre de ce séminaire ont été présentées près d’une dizaine conférences tant de chercheurs de différents domaines académiques, de doctorants et d’étudiants à la maîtrise, que d’écrivains et de créateurs multidisciplinaires.

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