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Colloque « Contre-culture: existences et persistances »

Description

La contre-culture est un mouvement social, artistique et littéraire, né aux États-Unis pendant la décennie 1950, qui s’est étendu au cours de la décennie 1960 au Canada, en Amérique centrale et en Europe (Dogget, 2007). Associée dans le discours social à la triade sexe, drogue et rock’n’roll, elle est à l’origine de nombreux succès populaires, que l’on pense à des groupes tels que les Rolling Stones, Jefferson Airplane ou au festival de Woodstock. Toujours au niveau de la représentation, le hippisme est devenu un des emblèmes de cette époque, de sorte qu’il serait tentant, sur plus d’un point de vue, d’y percevoir une certaine uniformité, sinon une adaptation culturelle de ce phénomène international. La réalité est cependant tout autre, puisque si quelques caractéristiques fréquemment partagées peuvent être relevées (Saint-Jean-Paulin, 1997), la contre-culture se veut davantage une construction effervescente qui fonctionne par agglutination, en ce sens où de nombreuses causes peuvent être défendues et que celui qui se joint au mouvement peut y sélectionner ce qu’il juge pertinent (Duchastel, 1978; LabelleHogue, 2013). S’opposent de ce fait plusieurs tendances qui font de la contre-culture un enchaînement de paradoxes, que ce soit entre les initiatives régionales (La vraie fanfare fuckée, Le grand cirque ordinaire) et le spectacle de la métropole (La nuit de la poésie 1970, L’Osstidcho), entre le nomadisme (Magical Mystery Tour, le road-trip) et la sédentarité (les communes), entre le nihilisme des yippies et le pacifisme des hippies, ou entre une culture underground souvent factice et sa contrepartie populaire. C’est dire, en d’autres termes, qu’« [i]l faudrait s’entendre sur ce qu’on appelle contre-culture. Ce qui est par définition difficile […]. Il y a des contre-cultures » (Bourdieu 2002 [1984] : 11). Cette hétérogénéité explique par ailleurs une part de l’intérêt qui est accordé à la contre-culture. Depuis les premières recherches sur le sujet (Duchastel, 1978, 1980; Gauvin, 1975; Moore, 1973; Rochon, 1979; Roszak, 1972, 1995 [1971]) jusqu’aux récents travaux (notamment Bourseiller et PenotLacassagne, 2013; Elawani 2014; Harel et Lamy-Beaupré, 2006; Labelle-Hogue, 2010, 2012; LamyBeaupré et Mavrikakis, à paraître; Larose et Rondeau, à paraître; Warren, 2008; Warren et Komeid, 2013; Whiteley, 2012a, 2012b) et films (Buccomino, 2010; Dal Farra et al., 2011; Epstein et al., 2010; Guerra, 2006; Perez, 2008), sans oublier les expositions, plusieurs ont de fait tenté de saisir l’ampleur du mouvement, de sorte qu’ils se sont adonnés à des exercices typologiques ou analytiques qui n’autorisent pas de synthèse à grande échelle. Le regain de popularité de la contre-culture nous pousse donc à réfléchir à la fois 1) à la nature de cette configuration et 2) à sa pertinence aujourd’hui, alors que se multiplient les mouvements de contestation internationale – dont Occupy est vraisemblablement le cas le plus significatif. Dans cette optique, Contre-culture : existences et persistances a pour objectif de développer une réflexion non-essentialiste des contre-cultures qui permette d’y voir un courant historique, un vecteur d’influence dans les domaines de l’art (Heinich, 2005), de la culture et des mouvements sociaux, et un instrument qui nous permet de mieux discerner notre avenir.

 

Le colloque a par la suite donné lieu à la réalisation du documentaire La contre-culture en panorama (Labelle-Hogue, Geffroy, Lanoue Deslandes).

http://www.canalsavoir.tv/emission/contre_culture_panorama

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