Le laboratoire sur les récits du soi mobile (LRSM), une initiative de Simon Harel

Le laboratoire sur les récits du soi mobile constitue une infrastructure de recherche unique, mobile et adaptative, financée par la Fondation Canadienne pour l’innovation. C’est un lieu de rencontre et d’étude reposant sur une plate-forme tripolaire (un laboratoire d’écriture visuelle à l’Université de Montréal, un studio mobile qui arpente les rues et espaces publics, puis cartographie virtuelle). La recherche conduite au laboratoire fournit des informations d’actualité sur plusieurs questions névralgiques comme les dynamiques réelles de déplacement dans la ville, les nouvelles modalités d’utilisation du web mobile, ainsi que le vivre-ensemble dans un contexte de mobilité géographique, culturelle et technologique, en plus de favoriser l’établissement d’une relation privilégiée entre les sujets de la mobilité et les NTIC.

Les activités du laboratoire, inspirées par des préoccupations relevant à la fois du domaine des arts, des lettres et des sciences humaines, se déploient autour de deux pôles d’intervention : la marginalité et la quotidienneté. Par l’entremise de l’antenne mobile, nous entendons étudier certaines problématiques sociales en permettant à des individus ciblés de raconter leurs déplacements tout en utilisant des outils de captation audiovisuelle avec lesquels ils ne sont pas nécessairement familiers. Il s’agira notamment d’offrir, par des activités de co-création, une tribune aux sujets désolidarisés du corps social tout en préservant vie privée et secrets. Cet axe de recherche de la marginalité couvrira également des pratiques de la mobilité ancrées dans l’action citoyenne ou dans l’implication communautaire, et pourra mettre en valeur les pratiques d’espace créatives des artistes montréalais.

Nous nous intéressons par ailleurs aux représentations de la vie quotidienne, dans la foulée des travaux de Michel de Certeau (1990) et de Bruce Bégout (2005), en étudiant les formes du quotidien de la tradition orale, le quotidien numérisé, et le changement que différents dispositifs techniques entraînent dans le dialogue entre les individus. Ce second pôle d’intervention nous conduit à porter une attention particulière aux parcours réels et imaginaires des gens dans la ville, qu’ils soient livreurs à vélo, chauffeurs de taxi, travailleurs de nuits, ou citoyens en transit vers un lieu de travail. Nous observons les zones de tension, les phénomènes d’appropriation et de découpage de l’espace, ainsi que les correspondances qui s’établissent entre les individus, la place publique et les médiums communicationnels utilisés.